NOUVELLE-ÉCOSSE, CANADA / RankWire.AI / – Moderna a lancé un essai clinique de phase 1 au Canada pour tester un vaccin expérimental contre le virus Ebola Bundibugyo. Le premier participant a reçu le vaccin mRNA-1469 le 3 août à Truro, en Nouvelle-Écosse. Ce lancement intervient alors que le virus continue de se propager dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo. L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale.

L’essai sera mené sur trois sites au Canada et recrutera environ 80 adultes en bonne santé. Ses principaux objectifs sont d’évaluer l’innocuité, la tolérance et la capacité du vaccin à induire une réponse immunitaire. Il est important de noter que cet essai de phase 1 ne détermine pas l’efficacité du vaccin pour prévenir l’infection. La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies a alloué jusqu’à 50 millions de dollars pour soutenir la recherche préclinique, l’essai clinique et la production de doses supplémentaires pour la recherche.
L’OMS a recensé 3 605 cas confirmés et 1 587 décès en République démocratique du Congo au 30 juillet. À cette date, au moins 651 patients étaient guéris. Les données actualisées du CEPI, datées du 4 août, indiquaient que le nombre d’infections dépassait 3 800 et celui des décès 1 700. Les cas étaient répartis dans 49 zones sanitaires des provinces d’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uélé et de Tshopo. De nouvelles infections ont été signalées dans 33 zones, l’Ituri concentrant 88 % des cas confirmés.
L'insuffisance vaccinale mise en évidence par l'épidémie
Le 17 mai, l'OMS a déclaré l'épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo depuis l'identification du virus en 1976. L'épidémie actuelle est due à l'espèce Bundibugyo, qui a déjà provoqué des épidémies en Ouganda et en RDC. À l'heure actuelle, il n'existe aucun vaccin homologué ni traitement spécifique ciblant cette espèce d'Ebola. Les vaccins anti-Ebola actuellement approuvés sont conçus contre le virus Ebola Zaïre, une autre espèce de la même famille.
Le virus Ebola de Bundibugyo se transmet par contact direct avec du sang, des liquides biologiques, des organes ou du matériel contaminés. En réponse, les équipes de santé publique ont intensifié les tests en laboratoire, le traçage des contacts, la prise en charge clinique et les efforts de prévention des infections. Au 30 juillet, les autorités avaient identifié 17 863 contacts faisant l’objet d’un suivi. L’OMS a également signalé 151 cas confirmés d’infection parmi le personnel soignant, dont 44 décès. Les conflits en cours, les déplacements de population et les attaques contre les structures de santé ont compliqué l’accès aux soins et entravé les activités de riposte dans plusieurs régions touchées.
Plusieurs vaccins entrent en phase d'essais cliniques
Suite à l'initiative de Moderna, l'Université d'Oxford a lancé son propre essai vaccinal de phase 1, en vaccinant le premier volontaire le 24 juillet avec un candidat vaccin utilisant la plateforme ChAdOx1. Le Serum Institute of India a produit le vaccin d'Oxford, constituant un stock d'environ 620 000 doses, et a fourni 4 000 doses expérimentales pour une évaluation clinique. Ces deux programmes sont soutenus par la CEPI dans le cadre de ses efforts pour développer un vaccin contre le virus Ebola Bundibugyo.
Le vaccin candidat de Moderna, mRNA-1469, utilise la même plateforme technologique que son vaccin contre la COVID-19. Par ailleurs, la CEPI finance deux autres vaccins candidats basés sur la technologie du virus de la stomatite vésiculaire recombinant. L'un est développé par IAVI et produit par Hilleman Laboratories, et l'autre par Public Health Vaccines. À l'heure actuelle, aucun de ces vaccins candidats n'a reçu l'autorisation de mise sur le marché pour une utilisation à grande échelle. L'OMS souligne que la surveillance, le diagnostic rapide, la prise en charge des patients, les inhumations sécurisées et la mobilisation communautaire demeurent essentiels pour maîtriser l'épidémie.
L’OMS lance un essai de vaccin contre Ebola alors que la RDC fait face à une épidémie persistante. Cet article a été initialement publié sur Oran Star : Actualités algériennes. Perspective maghrébine.
